Lucien FONTENEL, réfractaire à la guerre d'Algérie

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Lucien FONTENEL, réfractaire à la guerre d'Algérie

Message  Admin le Dim 21 Déc - 2:46

Lucien FONTENEL

Source :
http://www.humanite.fr/
Article paru
le 17 novembre 2000

Torture Guerre d’Algérie.
Témoignage.

Claude Despretz, " soldat du refus de la guerre ", évoque les souffrances de Lucien Fontenel, qui, lui aussi, avait dit non au conflit.

Le calvaire de Lucien

J’ai déjà évoqué dans un article paru le 1er septembre dans Liberté, hebdomadaire communiste du Pas-de-Calais, ce qu’avait été Timfouchi, ce bagne militaire du Sud algérien où sont passés cinq soldats du refus de la guerre d’Algérie : Jean Clavel, Voltaire Develay, Lucien Fontenel, Paul Lefebvre et Marc Sagnier. Nathalie, fille cadette de Lucien Fontenel, a rappelé, dans l’Humanité du 2 novembre, les séquelles irréversibles des mauvais traitements infligés à son père pour son refus de combattre un peuple en lutte pour son indépendance. Lucien nous a quittés en 1993. Il ne peut plus témoigner de ce qu’il a vécu. Restent ses écrits, restent ses deux compagnons survivants de Timfouchi, restent aussi, probablement, certains tortionnaires et leurs chefs qui l’ont maltraité avant, pendant et après son séjour à Timfouchi.
Le 30 décembre 1958, Lucien Fontenel adressa au général de Gaulle une lettre lui annonçant son refus de combattre le peuple algérien. Dans les heures qui suivirent, il fut transféré de la prison du 5e régiment de dragons de Périgueux dans une autre cellule, non chauffée, d’une autre prison régimentaire de Bordeaux. Il y passa deux mois sans aucune couverture jusqu’à la mi février. Pendant ce séjour, Lucien était constamment relancé pour qu’il revienne sur son refus, mais il resta ferme sur sa décision. S’il vit encore, le général Lecoq, alors commandant de la 5e région militaire de Bordeaux, pourrait témoigner de ce harcèlement quotidien. Le 24 février 1959, Lucien fut conduit à la prison de la Légion étrangère à Marseille, et quelques heures après emmené de force sur le bateau Ville-d’Alger à destination d’Oran. De là, il fut transféré au 26e régiment de dragons à Kenasda, à une vingtaine de kilomètres de Colomb-Béchar.
Il vécut quelques jours de " bonnes manières " : on lui proposa d’être soit serveur au mess des officiers, soit aide-soignant, soit responsable fourrier. Vu son refus, il y eut un changement brutal, on alla jusqu’à le menacer de mort. Qu’en sait le colonel commandant alors du 26e régiment de dragons ? Lucien fut jeté dans l’obscurité totale d’un cachot, voisin d’un autre cachot où se trouvait un patriote algérien du FLN, Tid Jawi Julvecourt. Il connut un adoucissement grâce à un capitaine, du nom de Chauzenou, qui lui faisait parvenir clandestinement, la nuit, par un soldat, les colis que lui envoyait son épouse. Au printemps 1959, extrait de son cachot en même temps que le patriote du FLN, on leur dit qu’ils allaient être traduits tous les deux devant le tribunal militaire d’Alger. Mais, à peine embarqués dans l’avion, ils apprirent que ce n’était pas à Alger qu’ils allaient, mais au fort Fouchet de Timfouchi.
Ils y furent reçus par une bordée d’injures et un copieux matraquage. Ensuite, " boule à zéro " et, dès la coupe de cheveux terminée, la " pelote ". Harnaché d’un sac à dos rempli de cailloux et de sable, Lucien a dû courir jusqu’à épuisement en plein soleil, " dopé " à coups de cravache par un " chef ". Ensuite, " réception " au " bureau d’accueil " où Lucien, à la demande d’un militaire, confirma son soutien au droit à l’indépendance du peuple algérien : immédiatement, volée de coups de poings et de cravache jusqu’à ce qu’il tombe inanimé. Il reprit connaissance parmi d’autres " disciplinaires " dans le blockhaus de la section noire. Le sergent-chef Desplanche pourrait certainement nous en dire davantage sur ce cérémonial d’accueil. Il pourrait aussi nous dire qui, un peu plus tard, a fait " bénéficier " Lucien d’une nouvelle volée de coups de poings et de cravache jusqu’à ce qu’il tombe inanimé sur le capot de la jeep du capitaine Guyon, commandant du bagne.
Dès son arrivée, Lucien eut droit aussi au " tombeau ". Cela consistait à dormir, sans couverture, dans une fosse profonde de 50 centimètres creusée par lui-même. Il devint alors le disciplinaire matricule 6548. Comme tous les autres disciplinaires, il devait se soumettre à une discipline très particulière stipulant, entre autres : tout déplacement doit se faire au pas de gymnastique ; tous les jeux sont interdits ; pour parler à un gradé, le disciplinaire doit lui en demander la permission en le saluant ; aucun commandement au disciplinaire ne se fait par la voix, mais par le sifflet, etc. À Timfouchi, les " cinq " du refus de la guerre d’Algérie côtoyèrent de jeunes patriotes algériens qui, au lieu de devenir des " malgré nous ", avaient rejoint le FLN, et aussi des soldats qui s’étaient rebellés contre des gradés ou étaient entrés en conflit avec des autorités officielles. Ainsi, l’ancien ministre Pierre Messmer pourrait peut-être nous dire pourquoi Pierre Stien a eu droit à un séjour à Timfouchi. Quand on sait l’importance du courrier pour des prisonniers, il faut savoir aussi que celui-ci était censuré. À l’arrivée, le courrier pouvait même être détruit devant le disciplinaire sans qu’il puisse en prendre la moindre connaissance. L’adjudant Pierre Hebeyrotte doit savoir de quoi il s’agit.
Libéré de Timfouchi après y avoir passé dix mois, Lucien fit un court passage à Moghar-Foukania, puis fut muté à Sissitra où se trouvait le 2e régiment étranger parachutiste. Là, il fut " invité " un jour à aller voir les cadavres de combattants FLN tués dans un accrochage et livrés en pâture aux vautours. Mais alors qu’il était à quelques jours de sa libération définitive de l’armée, Lucien fut envoyé en opération à bord d’un Half Track (automitrailleuse à quatre affûts). Quatre Half Track partirent en reconnaissance sur un terrain très miné : trois sautèrent sur des mines, deux soldats trouvèrent la mort et plusieurs autres furent blessés. Le véhicule de Lucien fut le seul à éviter les mines.
Le lendemain de cette opération meurtrière, le capitaine Sicard rassembla l’escadron pour rendre hommage aux deux tués et aux blessés. Puis, s’adressant à Lucien, il lui dit : " Fontenel, vous êtes protégé par le Bon Dieu rouge, vous êtes indigne de porter l’uniforme de notre armée française. " Lucien lui répondit courageusement : " C’est vous, mon capitaine, qui déshonorez l’armée française en conduisant une telle guerre contre un peuple qui mène courageusement un combat pour son indépendance. " La réaction fut brutale. D’abord giflé, Lucien a dû se déshabiller entièrement. Il se retrouva en slip devant tout l’escadron au garde à vous. En guise de " libération ", le capitaine lui annonça six mois de " rab " à la prison du 2e REP à Colomb-Béchar. Ses camarades de l’escadron lui firent parvenir une somme d’argent collectée entre eux et des provisions alimentaires. C’est le caporal Pierre Belluga qui, au cours d’une permission de nuit, à Colomb-Béchar, grâce à une certaine complicité, lui fit remettre argent et provisions. Cela remonta le moral de Lucien. Il débuta son " rab " dans une cellule étroite en compagnie de trois légionnaires : pour dormir sur une dalle en ciment, les quatre prisonniers étaient obligés de se mettre dos à dos.
Quelques heures après leur arrivée, Lucien et les trois autres prisonniers furent matraqués à coups de manche de pioche par le chef de prison, un ancien sous-officier nazi, recrue de choix de la Légion. Après sa période de cachot, Lucien rejoint une quarantaine de légionnaires dans une pièce où il était impossible, comme dans le cachot, aux quarante prisonniers de s’allonger à l’aise : il fallait là aussi dormir dos à dos. Le travail de ces forçats consistait à fabriquer des parpaings en ciment. Toutes les quatre heures, les prisonniers avaient droit à un quart d’heure de repos. Souvent, ce quart d’heure de repos était interrompu, à coups de manche de pioche, par l’ex sous-officier nazi. Lucien passa Noël 1960 dans ce lieu de tortures où l’armée française " dressait " ses bêtes de combat. Son calvaire dura quatre mois et demi. Il fut libéré quarante cinq jours avant les six mois prévus, grâce certainement à la lutte incessante menée en France en faveur des soldats du refus, en particulier par le Parti communiste français et le Secours populaire. Au cours de ses dernières heures passées sur le sol algérien, Lucien bénéficia de la sympathie agissante d’un militaire français chargé du rapatriement des libérables. Il revint en France en Caravelle. A peine descendu d’avion, Lucien fut frappé d’un fort malaise. Des médecins spécialistes lui apprirent qu’il souffrait d’un sérieux traumatisme crânien, suite aux coups reçus à Timfouchi et à la prison du 2e REP de la Légion. Il n’a jamais été reconnu invalide de guerre.

Claude Despretz, soldat du refus de la guerre d’Algérie.
Le 13 novembre 2000.


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Re: Lucien FONTENEL, réfractaire à la guerre d'Algérie

Message  Admin le Mer 29 Sep - 10:13

Hommage à Lucien FONTENEL

Source :
http://www.humanite.fr/
le 2 novembre 2000

Torture

Mon père
Par Nathalie Fontenel (*)


Mardi 31 octobre, il est un peu plus de 8 heures. Veille de Toussaint, je pense à papa qui nous a quittés voilà déjà sept ans. C’est toujours douloureux, même si l’on pense que les jours qui passent soignent les plaies. 8 h 15, la plaie s’ouvre terriblement, avec un témoignage lors d’une émission de France-Inter sur la torture en Algérie. Je regarde ma petite fille de cinq ans, je l’embrasse fort et lui murmure : " Je ne me tairai plus, je vais parler de ton papy. " Ma décision est prise, il faut rompre le mur du silence, faire peut-être quelque part le travail de deuil, le faire mal, mais dire, avant tout dire… Son " papy ", Lucien Fontenel, c’est celui qu’elle n’aura jamais connu, parce qu’un 23 avril 1993, le sida et sa terrible pneumocystose ont gagné. Jusqu’au bout près de lui, dans cette chambre d’hôpital lugubre, entre deux souffles, son visage trempé de larmes, il me souffle : " Ma Nathalie, fais-le, dis-le : l’Algérie. "
Alors, même si c’est terriblement douloureux, comme un chrysanthème que l’on dépose un jour de Toussaint sur la tombe de celui que l’on a tant aimé, je livre ce que j’ai vécu, que je vis encore, qui ne peut plus rester dans le monde du silence. Papa a refusé de combattre en Algérie, c’est pour lui une prise de position personnelle " dès le premier jour ", tel qu’il l’écrit. Il est jeune, tout juste dix-huit ans, et militant aux Jeunesses communistes. Orphelin à dix-sept ans, il vit douloureusement la perte de ses parents. Des militants communistes, de ceux qui, pendant la guerre, avaient pris toute leur part contre l’occupant nazi, et une grande place dans la Résistance. Je suis très jeune quand papa me parle de sa vie. Je ne comprends pas toujours pourquoi il pleure tant, pourquoi il est malade, pourquoi il ne vit plus avec ma mère, mais avec un homme. Souvent, il s’excusera de me faire mal, mais " il faut que vous le sachiez, on m’a enfermé, torturé, " tabassé ", déformé à vie "…
On l’a tellement " tabassé ", dans ce camp de la Légion française à Timfouchy, où il sera enfermé, enterré vivant, condamné à mort, brimé, insulté, qu’il porte à vie dans sa tête une grave épilepsie. Souvenir cruel d’un caporal qui, un jour, a tapé trop fort. Un traumatisme crânien et quelques années après, sa première crise d’épilepsie : souvenir d’Algérie ! Avec ma sour Catherine, l’aînée, on vivra au rythme des malaises, des piqûres de gardénal, des hôpitaux psychiatriques sans fin, dénués de tout humanisme, des déprimes, des tentatives de suicide. Mais papa nous aime tellement, qu’on l’excuse, on le soigne, on le console. Puis, un jour, dans notre belle maison de Dordogne, arrive un homme ; celui qui sera désormais son ami, son fidèle ami. Je n’ai que quatre ans à la séparation de mes parents, notre maman ne s’en remettra jamais. Elle, pourtant toujours là aujourd’hui, près de moi, que l’on cajole comme si, elle aussi, sortait du camp de Timfouchy. En y réfléchissant bien, c’est comme si nous étions allés en famille dans ce camp. Le milieu familial, l’enfance, l’adolescence, les sentiments, les impulsions, les colères, tout est imprégné de ce vécu. On vit avec, mais on ne peut pas oublier, c’est comme un tatouage qui ne disparaîtra jamais.
Les années passent, et il est difficile de trouver un équilibre dans le traitement pour soigner cette épilepsie. Je me souviens que lorsque j’ai eu onze ans, on m’a même appris à faire une piqûre de gardénal, à le coucher sur le côté pour ne pas qu’il étouffe en avalant sa langue. J’ai peur, je tremble quand je le garde. Et, chaque fois, il me le répète : " l’Algérie ! " Toute sa vie, il aura la peur d’être abandonné, enfermé. À tel point qu’il ne supportait pas de voir un film à la télé sur les prisons, sur la torture. Comme un enfant fragile, il fallait le rassurer, le protéger. À tel point - j’ai quinze ans - que je demande un changement de garde, pour vivre avec lui et son ami. Je me bats contre une justice d’arrière-garde qui, durant plus d’un an, considère que l’équilibre d’un enfant ne peut pas se faire avec un couple d’homosexuels. Finalement, après un dur combat, on gagne et je quitte ma Dordogne natale pour le rejoindre à Pau, où il s’est installé voilà quelques années.
Son épilepsie se stabilise un peu, son moral, avec mon arrivée et celle de ma sour aînée, s’améliorent, et je commence à vivre à peu près comme mes camarades de classe, normalement, avec moins de douleur. Avec des amis (je tiens à citer Alban Liechti), j’insiste pour qu’il écrive ce qu’il a vécu, même si on sait que c’est au prix de déprimes profondes, de crises d’épilepsie, parce que ces malades-là sont très sensibles à l’émotionnel. Trop d’émotions fortes, c’est s’exposer à plus de crises, de souffrances. Mais il faut qu’un jour le peuple français sache. Il se met à écrire rapidement. Lorsqu’un midi, en revenant de chez le médecin, ils m’apprennent avec Jacquy, son compagnon, qu’ils sont séropositifs, que le sida est déjà bien avancé chez eux, et qu’ils comptent sur moi pour annoncer " la chose " à ma sour, pour l’aider, l’entourer, parce qu’elle est fragile. Je n’oublierai jamais ce jour-là, je n’ai plus rien à dire, qu’à subir une vie qui n’en finit plus…
Je n’ai pas pu dire à Cathy, quand elle est rentrée, je pleurais, démunie, affolée, tellement triste. C’est comme si le bonheur que l’on vivait depuis quelques mois nous était volé, comme si je n’y avais pas droit. Le combat a été dur, mais plus fort que jamais. Finalement, la vie a continué, on parlait des analyses de sang, du rapport T4/T8, on banalisait ce kapotzie qui pointait sur la joue de papa, on profitait des séjours à l’hôpital Purpan à Toulouse pour s’accorder deux jours " d’escapade ", comme il disait, dans la ville. Là, dans un parc, un jour de printemps, papa, fatigué, me dit : " Tu sais, quand je me suis marié avec ta mère, je ne savais pas que l’homosexualité reviendrait comme ça un jour. " Qu’est-ce qu’il voulait dire ? Je ne lui avais jamais rien demandé. Quelques jours après, il m’a expliqué que durant ces longs mois d’incarcération en Algérie, il avait craqué. " On pensait qu’on allait mourir, alors… Avec les gars de la cellule, on a pris plaisir dans des rapports sexuels. " Il pleurait, ne me regardait plus. Il avait honte, il était meurtri. J’ai compris, cette nuit-là, que les blessures ne s’effaceraient jamais, même chez ses enfants. Là encore, jamais il ne m’était venu à l’esprit que son homosexualité sortait de Timfouchy.
Finalement, tout sort de ce maudit camp : l’épilepsie, l’homosexualité, le sida, la mort. Tout, même nous, quelque part. On vit avec tout ça, on, se tait pendant des années. On en parle à des proches qui découvrent, on hérite de ce " cher " et " lourd " passé, d’une guerre coloniale : l’Algérie. Comme un chat écorché, j’ai passé toute l’adolescence bercée par la haine et la colère, le désespoir, mais avant tout l’envie qu’un jour, les gens sachent ce qui s’est réellement passé en Algérie. Chez nous, on a vécu la libération de Nelson Mandela, dans la plus grande émotion. Papa avait décoré le balcon (affiches, drapeaux de l’ANC, repas amélioré le midi…). Je n’oublierai jamais les larmes de mon père, lorsqu’en direct à la télé, Mandela a quitté sa prison. C’était un jour de fête, d’émotion forte. La 4L familiale décorée aux couleurs de l’ANC, avec des militants communistes, klaxonnait dans les rues de Pau. Mandela était libre ! Comme lui (papa), ses copains d’Algérie. Après la fête, il est de nouveau entré dans une grande déprime, parce que, là encore, il revivait Timfouchy.
Tout cela, pour dire que la haine a laissé la place, non pas à la sagesse, mais à l’envie de dire. Il est temps dans ce pays de reconnaître que l’on a torturé en Algérie. À titre personnel, je ne souhaite pas de représailles, mais juste, pour lui, pour ses amis, pour nous les familles, que la France reconnaisse ses actes. Il est grand temps, et quoi qu’il en soit, le temps les années, les silences, ne font qu’approfondir les blessures et accroître la colère.

(*) Employée, conseillère municipale de Bizanos (Pyrénées-Atlantiques), Nathalie Fontenel a été élue, en mars dernier, lors du congrès de Martigues, membre du Collège exécutif du Parti communiste français.

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